La paie d'un intérimaire se lit en plusieurs blocs : salaire de mission, primes éventuelles, indemnité de fin de mission, indemnité compensatrice de congés payés et parfois acomptes. Pour comprendre un bulletin, rapprochez-le du contrat et du relevé d'heures.
Le contrat indique le taux horaire ou le salaire de référence, les horaires, les majorations et les primes liées au poste. Le principe d'égalité de rémunération vise à aligner la rémunération de l'intérimaire sur celle d'un salarié de qualification équivalente occupant le même poste dans l'entreprise utilisatrice1. Cette égalité ne veut pas dire que toutes les lignes apparaissent de la même façon que sur le bulletin d'un salarié permanent. L'agence d'intérim est l'employeur, l'entreprise utilisatrice valide les heures et les conditions de mission, puis l'agence établit la paie. En cas d'écart, les trois pièces utiles sont le contrat, le relevé d'heures et le bulletin.
L'indemnité de fin de mission, souvent appelée IFM, compense la précarité du contrat lorsque la mission s'achève dans les conditions prévues. Son montant est généralement calculé sur la rémunération brute totale due au salarié, avec un taux minimal prévu par les règles du travail temporaire2.
L'indemnité compensatrice de congés payés rémunère les congés acquis pendant la mission. Elle se distingue de l'IFM : les deux lignes peuvent apparaître ensemble, mais elles n'ont pas le même objet. C'est une source fréquente de confusion lorsque l'on compare simplement le montant net avec le nombre d'heures travaillées.
Certaines situations peuvent empêcher le versement de l'IFM, par exemple une embauche en CDI à l'issue de la mission dans les conditions prévues par les textes.
Avant de conclure à une erreur, vérifiez donc la cause de fin de mission et les mentions de l'agence.
Les agences peuvent proposer des acomptes selon leurs règles internes. Un acompte n'est pas une prime : il avance une partie de la paie à venir et sera déduit du règlement final. Gardez une trace des demandes et des montants versés, surtout lorsque vous enchaînez plusieurs missions courtes. Le relevé d'heures reste la base du calcul : horaires réalisés, absences, primes, paniers, déplacements. Garder une copie ou une photo du relevé signé évite des discussions difficiles en fin de mois. Si l'entreprise utilisatrice utilise une badgeuse ou un outil numérique, demandez comment les heures seront transmises à l'agence.
Commencez par vérifier la période payée et le nombre d'heures. Regardez ensuite le taux horaire, les majorations, les primes promises, puis seulement les indemnités de fin de mission et de congés payés. Cette lecture dans l'ordre évite d'attribuer à l'IFM un écart qui vient en réalité d'une heure manquante ou d'une prime non validée.
Les erreurs les plus simples se règlent vite : relevé oublié, panier absent, jour férié mal traité, acompte mal compris.
Les désaccords plus complexes demandent des preuves. Envoyez à l'agence un message clair avec la mission, les dates, la ligne contestée et le document qui justifie votre demande. Enfin, gardez les bulletins même pour les petites missions. Ils servent à suivre les revenus, les droits sociaux et les justificatifs demandés plus tard par une banque, un bailleur ou un organisme administratif.
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